RITUALICON

An exploration of contemporary figuration and visual ‘ethnographics’
Une exploration de la figuration contemporaine et de ‘l'ethnographiques’ visuelle

Vernissage 01/08/2026
20, Rue Montebello - 18.00 - 20.00

Annett
Fourgeaud
Lived
Vern

Sélectionné par Annabelle SHELTON
Essay/text par Rowena WILLARD WRIGHT

FILM : https://youtu.be/_XnTBw0OESc

RITUALICON is a new exhibition by artists Sally Annett, Annabelle Shelton (Lived), Vern, and Fourgeaud, exploring the evolving nature of the contemporary icon in an age shaped by digital technology, AI, and shifting belief systems.
At its core, the exhibition considers the mobile phone as a 21st-century icon: a portal into social media, gaming, apps, and artificial intelligence. In this environment, branded imagery and online identities function as new forms of devotion, echoing the structures of religious communities. The screen becomes a hypnotic space of immersion, drawing parallels with ritual, belief, and control.

RITUALICON reflects on how artists have historically adapted to technological change, from photography and film to the current rise of AI. Rather than replacing traditional practices, these tools expand the language of image-making, becoming raw material for new forms of expression.
The exhibition brings together four distinct practices that engage with ritual, symbolism, and contemporary culture. Annabelle Shelton (Lived) revisits childhood experiences of religious ritual in 1980s Britain through large-scale charcoal drawings generated in response to AI imagery. Her work contrasts machine distortion with embodied, tactile mark-making rooted in memory and material.

Sally Annett uses AI as a structured system of transformation, feeding her own paintings into generative processes governed by strict rules. Her approach mirrors the logic of Tarot, where fixed systems produce unpredictable outcomes.

Vern combines digital photography, AI tools, and hand-painted interventions to explore masculinity, nature, and ecological fragility. His works move between performance and abstraction, often referencing mythological and primordial imagery.

Fourgeaud works entirely with found images, books, and printed matter, creating collages that merge fantasy, fashion, and historical reference. Her practice reaffirms the continued relevance of the book and printed image in a digital age.

Installed as a unified visual environment, RITUALICON stages a dialogue between belief systems, technologies, and image cultures. The exhibition asks how icons are formed today, how rituals persist or mutate, and what it means to create images in a world where the boundaries between human and machine are increasingly blurred.

Annett

Sally ANNETT BA MA

En 1994, alors qu'elle attendait sa première fille, Annett a commencé à travailler sur une série de peintures représentant les arcanes majeurs du Tarot.
En 1998, ces 22 peintures (mesurant environ 1,5 m sur 0,9 m) ont été exposées pour la première fois à la Milton Keynes Gallery ; c'est à cette époque que Rowena Willard-Wright (née Shepherd) a commencé à collaborer avec Annett sur les textes accompagnant les œuvres. Elles ont ensuite été invitées par la maison d'édition Foulsham (alors une marque du groupe Macmillan) à créer un jeu de Tarot complet ainsi que le livre l'accompagnant.
Le jeu de cartes et le livre, intitulés « The Atavist Tarot », ont finalement été publiés en 2003.
Ces œuvres ont été exposées à l'international au cours des dernières décennies ; le livre est aujourd'hui épuisé et le jeu est considéré comme une pièce « vintage ». Il fut l'un des premiers à associer peinture, impression et technologie numérique (Photoshop était alors à la pointe de la technologie !), et Annett avait même réalisé une animation 3D en immersion pour une version en ligne, bien avant l'avènement de l'intelligence artificielle.

Plus de trente ans plus tard, alors que le jeu et le livre ne sont plus édités, Annett a décidé de revisiter l'imagerie et les enseignements liés au système archétypal du Tarot. Ayant eu la chance d'être formée par certains des philosophes et penseurs ésotériques les plus éminents de notre époque — Dolores Ashcroft-Nowicki, Colin A. Low, Zev Ben Shimon Halevi et Stephen Pope —, Annett adopte également une approche scientifique et analytique de son travail. Elle a notamment collaboré avec Digital Scientific UK et a réalisé, en 2012, le projet « Snakes and Ladders » pour l'Arts Council England, explorant l'intersection entre art, science et croyances religieuses. Annett participe au groupe de discussion « With Reality in Mind » de Bernardo Kastrup, animé par Amir Giles (Adventures in Awareness), et est membre de la British Society for the History of Science, de la Society for the Social History of Medicine ainsi que de l'ESSWE.

Parallèlement à sa propre création artistique, elle dirige l'ATELIER MELUSINE avec Morgan Annett Parish depuis sept ans, concevant et organisant des expositions internationales dans des espaces éphémères du sud-ouest de la France. Pour le programme de 2025, Annett a invité l'artiste et commissaire d'exposition Annabelle Shelton à concevoir une exposition articulée autour de la figuration, du rituel et de l'intégration des nouveaux médias (en l'occurrence l'IA) dans la pratique artistique contemporaine. *RitualIcon* en est le fruit.

Depuis 2023, Annett retravaille les images et les concepts des arcanes majeurs du tarot ; une sélection de ces nouvelles œuvres — incluant peintures, estampes, films et céramiques — sera présentée sous divers formats lors de l'exposition.

Sa démarche repose sur une position non matérialiste considérant la conscience comme un *a priori* — une idée bien établie au sein des communautés scientifiques. Elle associe les concepts remarquablement convergents de l'idéalisme analytique et des textes hébraïques de l'Ancien Testament (antérieurs à la tradition massorétique) pour créer des œuvres reconnaissables à travers différents médiums. Elle se concentre sur l'« archétype », exprimé sous des formes visuelles, sonores et textuelles, considérant les archétypes comme des ponts entre les « mondes » et les expériences du corps, de la psyché, de l'esprit et de l'âme — des notions dont le sens et l'ontologie sont éminemment complexes et insaisissables.

En résumé : il existe des structures, des codes et des schémas archétypaux au sein de notre expérience de la réalité — une réalité que nous avons tissée autour de ces éléments (souvent sur le plan visuel et linguistique). Les technologies développées depuis le début de l'ère moderne pour « faire progresser » nos « civilisations » ont gravement endommagé, voire détruit, tant le monde naturel que le principe féminin. De l'agriculture industrielle et des pesticides à la bombe nucléaire, notre conception des technologies innovantes — souvent présentées comme une forme de salut — contribue en réalité à affaiblir notre espèce. Conjuguée à des pratiques socioreligieuses hyper-masculinisées, cette dynamique nous conduit à engendrer nous-mêmes bon nombre de nos propres épreuves. Comme tant de créations humaines, ces technologies peuvent être soit des outils géniaux, soit des maîtres redoutables.

Pour l'artiste, privilégier l'archétype plutôt que les stéréotypes liés à une époque donnée permet de nous ancrer profondément dans une compréhension collective de nos possibilités et de nos capacités, alors même que nous avons été coupés tant de la nature (sur le plan extérieur) que de nos mondes intérieurs. Il existe des vérités et des technologies pérennes et partagées que nous pouvons utiliser comme vecteurs d'introspection ; le tarot en est une. Il constitue un outil permettant de traiter et de rassembler des données aléatoires afin de tenter de maîtriser et d'anticiper ses propres besoins et désirs — une démarche qui n'est pas sans rappeler les immenses centres de collecte de données rivalisant aujourd'hui avec les humains pour les ressources nécessaires au fonctionnement de l'IA. Le travail d’Annett — qu’il s’agisse de sa pratique personnelle ou de son activité de commissaire d’exposition — s’articule autour de l’environnement et du féminin (sans pour autant exclure le masculin).

Ses œuvres conjuguent peinture, estampe, dessin et animation numérique.

« Toutes les avancées évolutives conscientes sont engendrées par le Féminin » (Pope).

Phoenician Alphabet

Sally ANNETT BA MA

In 1994 Annett began working on a series of paintings for a new Major Arcana, whilst pregnant with her first daughter.

In 1998 the 22, 5 x 3ft paintings were shown in Milton Keynes Gallery for the first time and Rowena Willard-Wright (ne Shepherd) began collaborating with Annett on the text for the works. They were then invited to create full deck of Tarot cards and accompanying book by Foulsham, The Publishing house, then an imprint of MacMillan.

In 2003 the cards and book 'The Atavist Tarot’ were finally published.

The work has been shown internationally over the past decades and the book is now out of print and considered a 'vintage' deck - it was one of the first to combine paint, print and digital technology (Photoshop was cutting edge at the time!) and Annett also generated a 3D fly though for an on line version way before AI was even a thing.

Over 3 decades later, the cards and book are out of print and Annett has decided to revisit the imagery and teachings around the Archetypal system of the ‘Tarot’. Having been fortunate enough to be mentored by some of the most eminent philosophers and esoteric thinkers of our time; Dolores Ashcroft Nowicki, Colin A Low, Zev Ben Shimon Halevi and Stephen Pope, Annett is also concerned with a scientific and analytic approach to the work. Previous collaborators include Digital Scientific UK, and she produced the 'Snakes and Ladders' project for the Arts Council England in 2012 which looked specifically at the intersection of Art, Science and Religious belief. Annett is part of Bernardo Kastrup’s 'With Reality in Mind' discussion group, hosted by Amir Giles (Adventures in Awareness) and a member of the British Science and Medical and ESSWE.

Alongside her own work she has led the ATELIER MELUSINE with Morgan ANNETT PARISH, for the past 7 years producing and curating international exhibitions in temporary spaces in SW France. For the 2025 programme Annett has invited guest curator, artist Annabelle Shelton to select an exhibition based around figuration, ritual and the integration of new media (in this case AI) into contemporary arts practice. RitualIcon is the result.

Since 2023 Annett has been reworking the Major Arcana Tarot images and concepts and a selection of these new works will be shown in various formats in the show, these include painting, print, film and ceramics.

She starts from a non-materialist stance, that consciousness as apriori; a well-established idea in scientific communities, and combines the remarkably similar ideas of Analytical Idealism and pre-Masoretic Hebrew Old Testement texts, creating recognisable works across a range of media. Her focus remains 'archetype' expressed in visual, sonic and literal form. With an understanding that archetypes act a bridge between the ‘worlds’ and experiences of; the body, the psyche, the mind and the soul - all eminently spurious in their meaning and ontology.

Simplified; There are archetypal structures, codes and patterns with in our specio-centric experience of reality which we have woven a reality around these (often visually and linguistically). The technologies we have developed since the early modern period to ‘advance’ our ‘civilisations’ have seriously damaged and destroyed both the natural world and the female/feminine. From industrial farming and pesticides to the nuclear bomb, our notion of novel technology, sold so often as salvation, is ensuring our weakening as a species. Coupled with hyper masculinised socio-religious practices, we are engineering many of our own hardships. As with so many human artefacts they are either brilliant tools or terrible masters.

She feels the focus on archetype, rather than epoch based stereotypes is a way to anchor ourselves deeply in a collective comprehension of our possibilities and abilities, we have been separated from both nature (externally) and our inner worlds (internally). There are shared and perennial truths and technologies which we can uses as a process of self reflection and the Tarot remains one, a technology to process and gather random data to try to control and anticipate one’s needs and desires – not so different from the huge data collection centres now competing with humans for resources to support AI. Annett’s works, both personal practice and public curation are concerned with the environment and the feminine (without the exclusion of the masculine).

The artworks shown combine, painting, printmaking, drawing and digital animation.

"All conscious evolutionary advances are created by the Feminine" (Pope).

Fourgeaud

“J'enseigne, je lis, j'écris, je transmets.
Vanitas-éditions crée des collages au fil de ses périples. Paris après Marseille, Limoges, Valparaiso et Valencia. Mes inspirations sont variées et se développent au cours d'ateliers dans ma librairie ou dans la nature. Les fleurs, l'architecture et l'habitat, la ville, les matériaux, la mémoire, sont essentiels. En 2026, le paysage limousin prend toute la place. A suivre...”

"I teach, I read, I write, I share.
Vanitas-éditions creates collages inspired by its travels. Paris after Marseille, Limoges, Valparaiso, and Valencia. My inspirations are varied and develop during workshops in my bookstore or in nature. Flowers, architecture and housing, the city, materials, memory—these are essential. In 2026, the Limousin landscape takes center stage. To be continued..."
Anne-Claire FOURGEAUD 2026


Elle-Lived

« Elle Lived » est le pseudonyme d'un projet biographique qui nous transporte dans les mouvements de groupes chrétiens des années 1980. Elle y évoque les rituels et pratiques de cette communauté fermée et discrète. Ses peintures et dessins cherchent à révéler ces pratiques à travers le regard d'une jeune adolescente en quête de sens. Réalisées avec des couleurs lumineuses et des jeux de lumière singuliers, les œuvres traduisent l'atmosphère et les interventions quasi mystiques de ces pratiques charismatiques et évangéliques.

Née à Londres, Elle a étudié à l'Université de Staffordshire et à l'Université de Birmingham City, où elle a obtenu un master en beaux-arts en 2001.

En 2026, Elle présentera une œuvre au Sidney Nolan Art Prize à la galerie Rodd, dans le Herefordshire. Elle participera ensuite à une exposition collective à Montmorillon, en France, intitulée « Rituals », qui dévoilera une nouvelle série d'œuvres. Elle a exposé à l'échelle nationale et internationale, notamment lors de l'exposition du prix de peinture John Moores en 2010, ainsi qu'à la Times Watercolour Exhibition Mall Galleries en 2016 et au Salisbury Museum Landscape Show en 2016. Ses œuvres figurent dans de nombreuses collections à travers le monde, dont celles de l'Open University, de l'Alliance & Bernstein, de la famille John Moores, et dans de nombreuses collections privées.

Elle vit et travaille actuellement à Milton Keynes.

‘Elle Lived’ is a pseudonym of a biographical project that journeys back in time to the Christian fellowship movements of the 1980s. Recalling some of the memories of rituals and practices of such a closed ‘off the radar’ community.  The paintings and drawings seek to reveal the fellowship rituals and practices seen through the eye of a young teenager who is figuring out life.  The paintings are rendered in a mix of luminous paints with strange lightings that convey the mood and magical interventions of the charismatic and evangelical practice.

Born in London and studied at Staffordshire University and Birmingham City University gaining an MA Fine Art Practice in 2001.
In 2026 Elle is to present a piece of work at the Sidney Nolan Art Prize in the Rodd in Herefordshire.  Following on from that in a group show in Montmorillon, France called Rituals that will show a new body of work.  
Elle has exhibited nationally and internationally and has been in the John Moores Painting Prize Exhibition in 2010 and has shown at the Times Watercolour Exhibition Mall galleries 2016 and Salisbury Museum Landscape Show 2026.  Elles’ work is in collections all over the world including the Open University, the Alliance and Bernstein, The John Moore Family including many other private collections.

Elle is currently based in Milton Keynes.

Elle LIVED

Vern

Vern
Déclaration : Rituels et Icônes
Film link :
https://youtu.be/_XnTBw0OESc

Vern est un scientifique qui a consacré 25 ans à publier des recherches sur le fonctionnement des écosystèmes mondiaux face aux changements climatiques. Ses travaux l'ont conduit à travers les Amériques, l'Europe, l'Asie du Sud-Est et l'Afrique, créant ainsi une vaste archive photographique de terrain. Ces images ont été publiées dans des revues internationales telles que Nature, Science, New Scientist et Popular Science.

La pratique créative de Vern s'articule autour d'interventions au sein de cette archive. Par le dessin, la peinture et des procédés numériques, il modifie des photographies de terrain pour révéler des significations qui échappent au langage scientifique. À travers ces œuvres, il explore des thèmes qui se refusent à toute formulation formelle dans ses recherches. Parmi ceux-ci figurent le lien humain au monde (in)naturel, la spiritualité, la masculinité et le passage du temps, tant au sein du corps qu'à travers les générations.

Ces œuvres offrent un contrepoint à la clarté scientifique. Elles restituent l'ambiguïté, l'intuition et la subjectivité à des paysages souvent appréhendés par les données et les processus. Ce faisant, elles suggèrent que même les environnements les plus étudiés demeurent des lieux de sens non résolu.

Dans le contexte de « Rituels et Icônes », ces images altérées peuvent être interprétées comme des actes de marquage et de re-marquage. Les photographies originales servent de témoignages, tandis que les interventions visent à recentrer le corps humain (le sien) dans ces paysages et à y insuffler répétition et transformation symbolique. Certaines formes réapparaissent, émergeant comme des icônes personnelles à la croisée du souvenir, de l’observation et de la croyance.

Ces œuvres nous rappellent également que les paysages, même ceux considérés comme sauvages, sont intimement liés à la présence humaine depuis des dizaines de millénaires. La compréhension scientifique peut décrire leur formation et leur fonction au sein du système de maintien de la vie sur Terre, mais elle n’épuise pas leur signification plus profonde. Quelque chose demeure toujours hors de portée.

Parallèlement à l’image fixe, Vern travaille également avec l’image animée, étendant ce processus d’intervention aux médias temporels.

Vern
Statement : Rituals and Icons

Vern is a scientist who has spent 25 years publishing research on how the world’s ecosystems function in relation to climate change. His work has taken him across the Americas, Europe, Southeast Asia and Africa, creating an extensive photographic archive of field sites. These images have been published internationally in Nature, Science, New Scientist and Popular Science, among many others.

Vern’s creative practice centres on interventions within this archive. Using drawing, painted and digital processes, he alters field photographs to open up meanings that lie beyond the scope of scientific language. Through these works, he explores themes that resist formal articulation in his research. These include human connection to the (un)natural world, spirituality, masculinity, and the passage of time, both within the body and across generations.

The works operate as a counterpoint to scientific clarity. They return ambiguity, intuition and subjectivity to landscapes that are often framed through data and process. In doing so, they suggest that even the most studied environments remain sites of unresolved meaning.

Within the context of Rituals and Icons, these altered images can be read as acts of marking and re-marking. The original photographs function as records, while the interventions seek to re-centre the (his) human body in these landscapes and inject repetition and symbolic transformation. Certain forms recur, emerging as personal icons that sit between memory, observation and belief.

These works are also a reminder that landscapes, including those considered wilderness, have been entangled with human presence for tens of millennia. Scientific understanding can describe their formation and function within Earth’s life support system, yet it does not exhaust their wider significance. Something always remains beyond reach.

Alongside still images, Vern works with the moving image, extending this process of intervention into time-based media.

RITUALICON
Essay by Rowena WILLARD WRIGHT
Independent Curator FSA
July 2026

As the 20th century took us on a journey away from surface representation. The 21st century makes a new conceptual leap, shaped and challenged by the collective consciousness of the online world, yet unafraid of using the material reality of paint, photography, digital processes, and the artist’s hand. Contemporary art increasingly asks us to look beyond depiction. It no longer simply represents sensory experience or even dreams and nightmares; instead, it seeks to vividly externalise thought itself, revealing ideas, memories, and associations beneath immediate perception.

Each artist in this exhibition approaches this challenge differently, deconstructing and reconstructing their understanding of the world. Rather than offering certainty, the works invite interpretation, encouraging us to think beyond what is visible and reminding us that art often raises more questions than it answers.

Sally Annett’s work, uses layers of visual memory to accumulate. Her imagery draws on esoteric languages, Renaissance devotional painting, Victorian still life, engraving, and etching, yet never settles into a single historical moment. The references feel familiar but remain unresolved. Fragments of writing appear across the surface, suggesting meaning without fully revealing it, like overhearing a language we cannot understand. (Language of the Birds).
This ambiguity echoes the symbolic language of the tarot, whose power lies in archetype rather than prediction. From the Fool to the Lovers, these symbols have evolved across cultures while retaining psychological resonance. Annett extends this tradition, moving fluidly between painting, photography, engraving, and a dialogue with digitally generated imagery, all derived from her own original artwork. Ceramic tablets, referencing cuniform and digital tablets, as well as Tarots cards become another visual language through which these enduring archetypes are reimagined, brought together and resolved into beauty.

Fourgeaud also engages with archetype, but through popular culture and mixed media. Her work combines the irreverence of Pop Art with references to art history, science, and design, ranging from Rubens to medical illustration, reminding one of 17th century works of art exploring the senses. What initially appears playful often reveals deeper conceptual layers. In one work, alphabet spaghetti dissolves into sculptural forms that evoke the human body, transforming a familiar object into an exploration of touch and language. (Echoeing the format of the Tarot). Elsewhere, the pairing of a spoon and metallic straw shifts attention from the sensory experience of metal in the mouth to the medicalised, homogenised experience of taste in the modern world, where simulacra of flavour compete with memory of organic reality.
A striking image reworks Rubens’ portrait of a woman whose elaborate ruff merges with fungal growth. The visual similarity between decorative costume and organic form creates an unsettling effect, collapsing distinctions between beauty and decay, nature and culture—a perceptive merging of mushroom lace and 17th-century ruff.

Elle Lived’s works inhabit the most apparently real entirely ritualistic environments whilst hiding covert experiential lived experiences. Focusing on the instability of memory and the erosion of photographic certainty through large scales, investigative drawings. Her work centres on communal rituals from 1970s and 1980s house churches and alternative spiritual groups—spaces of belonging that also shape and control identity.Her drawings and paintings suggest that memory edits experience. In the smaller works colours become unnaturally vivid, both familiar and estranging, as though images have been faded, damaged, and reconstructed over time. Children within these scenes appear both central and vulnerable, participating in rituals where the authority of charismatic leaders can overshadow that of parents. Acts of communion blur into acts of conformity, placing the work between nostalgia and unease, and questioning how collective rituals shape the present, overriding children’s natural perception and understanding.

Vern’s placement of the human figure within the landscape invokes ritual in an almost atavistic way, recalling impulses that reach back to humanity’s earliest attempts to understand its place in the natural world. At first, the human and the landscape appear distinct, separated from one another. Yet the work gradually reveals that this distinction is an illusion. Humanity has spent millennia attempting to separate itself from nature: reshaping landscapes, ritualising them, and compelling them to speak the language we wish to hear. At the same time, we have continually remodelled our own bodies to reflect the belief that we stand apart from, and therefore possess control over, the natural world.
From the application of ochre on prehistoric skin to contemporary cosmetic surgery; from ceremonial costume to monumental sculpture carved from stone, the impulse remains remarkably consistent. There is little essential difference between the pharaoh seeking immortality through embalming and the twenty-first-century technology billionaire hoping to redefine human biology through genetic engineering or life-extension technologies. Both pursue their own version of the philosopher’s stone: the ancient desire to transcend nature rather than belong to it.
The haunting placement of perfect digital black circles within Vern’s landscapes further questions our relationship with the natural world. Their geometry is absolute. Their surfaces absorb rather than reflect. Their mathematical perfection immediately signals that they do not belong to the organic landscape that surrounds them. They appear as interruptions, absences, or portals—objects from another order of reality. Yet perhaps they are not alien intrusions at all. Perhaps they represent the conceptual frameworks through which we insist on viewing nature itself: systems of measurement, ownership, control and abstraction imposed upon an environment that resists such certainty.
Ultimately, Vern’s work asks whether the greatest act of estrangement is not between ourselves and the landscape, but within ourselves.

Taken together, Annett, Fourgeaud, Lived and Vern each interrogate how meaning around the human body is constructed through memory, archetype, and ritual, using distinct visual languages to expose the instability of perception. Whether through layered historical references, the transformation of everyday materials, or the distortion of remembered experience, their practices converge in revealing how images mediate thought and identity through figuration. In doing so, they collectively shift the focus of contemporary art toward the unseen frameworks that shape how we understand the world.

RITUALICON
Essai de Rowena WILLARD WRIGHT
Commissaire d'exposition indépendante (FSA)
Juillet 2026

Si le XXe siècle nous a éloignés de la représentation de surface, le XXIe siècle opère un nouveau saut conceptuel. Façonné et mis au défi par la conscience collective du monde numérique, il n'hésite pas pour autant à s'appuyer sur la réalité matérielle de la peinture, de la photographie, des procédés numériques et de la main de l'artiste. L'art contemporain nous invite de plus en plus à regarder au-delà de la simple représentation. Il ne se contente plus de traduire l'expérience sensorielle, ni même les rêves et les cauchemars ; il cherche plutôt à extérioriser avec force la pensée elle-même, révélant des idées, des souvenirs et des associations tapis sous la perception immédiate.

Chaque artiste de cette exposition aborde ce défi à sa manière, déconstruisant et reconstruisant sa compréhension du monde. Loin d'offrir des certitudes, les œuvres invitent à l'interprétation ; elles nous encouragent à penser au-delà du visible et nous rappellent que l'art soulève souvent plus de questions qu'il n'apporte de réponses.

Le travail de Sally Annett procède par accumulation de strates de mémoire visuelle. Son imagerie puise dans les langages ésotériques, la peinture de dévotion de la Renaissance, les natures mortes victoriennes, la gravure et l'eau-forte, sans jamais se figer dans une époque historique précise. Les références semblent familières tout en restant indéfinies. Des fragments d'écriture parsèment la surface, suggérant un sens sans le livrer entièrement, à l'instar d'une langue étrangère que l'on entendrait sans la comprendre (le « langage des oiseaux »).
Cette ambiguïté fait écho au langage symbolique du tarot, dont la puissance réside dans l'archétype plutôt que dans la prédiction. Du Mat aux Amoureux, ces symboles ont évolué au fil des cultures tout en conservant leur résonance psychologique. Sally Annett prolonge cette tradition en naviguant avec fluidité entre peinture, photographie, gravure et dialogue avec des images générées numériquement — toutes issues de ses propres créations originales. Des tablettes en céramique, évoquant aussi bien l'écriture cunéiforme que les tablettes numériques, ainsi que les cartes de tarot, deviennent un nouveau langage visuel permettant de réinventer et de réunir ces archétypes intemporels pour les transmuer en beauté.

Fourgeaud s'intéresse également aux archétypes, mais à travers le prisme de la culture populaire et des techniques mixtes. Son œuvre conjugue l'irrévérence du Pop Art à des références puisées dans l'histoire de l'art, les sciences et le design — de Rubens à l'illustration médicale —, évoquant les représentations des sens propres au XVIIe siècle. Ce qui semble ludique au premier abord révèle souvent des strates conceptuelles plus profondes. Dans une œuvre, des pâtes en forme de lettres se dissolvent pour former des sculptures rappelant le corps humain, transformant ainsi un objet familier en une exploration du toucher et du langage (faisant écho au format du Tarot). Ailleurs, l'association d'une cuillère et d'une paille métallique déplace l'attention : on passe de la sensation physique du métal en bouche à l'expérience médicalisée et standardisée du goût dans le monde moderne, où des simulacres de saveurs rivalisent avec le souvenir d'une réalité organique.
Une image saisissante revisite le portrait d'une femme peint par Rubens, dont la fraise élaborée se confond avec une prolifération fongique. La ressemblance visuelle entre l'ornement du costume et la forme organique crée un effet troublant, abolissant les frontières entre beauté et décomposition, nature et culture — une fusion perspicace entre la dentelle d'un champignon et la fraise du XVIIe siècle.

Les œuvres d'Elle Lived investissent des environnements en apparence très réels mais empreints de rituels, tout en dissimulant des expériences vécues plus intimes. L'artiste explore l'instabilité de la mémoire et l'érosion des certitudes photographiques à travers des dessins d'investigation grand format. Son travail se concentre sur les rituels collectifs des « églises de maison » et des groupes spirituels alternatifs des années 1970 et 1980 — des espaces d'appartenance qui façonnent et contrôlent également l'identité.Ses dessins et peintures suggèrent que la mémoire remodèle l'expérience. Dans les œuvres de plus petit format, les couleurs deviennent d'une vivacité artificielle, à la fois familières et déroutantes, comme si les images s'étaient altérées, dégradées et reconstruites au fil du temps. Les enfants y apparaissent à la fois centraux et vulnérables, participant à des rituels où l'autorité de leaders charismatiques peut éclipser celle des parents. Les actes de communion se confondent avec des actes de conformisme ; l'œuvre oscille ainsi entre nostalgie et malaise, interrogeant la manière dont les rituels collectifs façonnent le présent en supplantant la perception et la compréhension naturelles des enfants.

La manière dont Vern inscrit la figure humaine dans le paysage évoque le rituel d'une façon presque atavique, rappelant des pulsions qui remontent aux premières tentatives de l'humanité pour comprendre sa place dans le monde naturel. Au premier abord, l'humain et le paysage semblent distincts, séparés l'un de l'autre. Pourtant, l'œuvre révèle peu à peu que cette distinction est une illusion. L'humanité a passé des millénaires à tenter de se séparer de la nature : en remodelant les paysages, en les ritualisant et en les contraignant à parler le langage que nous voulons entendre. Parallèlement, nous avons continuellement remodelé nos propres corps pour refléter la conviction que nous nous tenons à l'écart du monde naturel — et que nous en avons donc la maîtrise.
De l'application d'ocre sur la peau préhistorique à la chirurgie esthétique contemporaine, du costume de cérémonie à la sculpture monumentale taillée dans la pierre, l'élan demeure remarquablement constant. Il existe peu de différence fondamentale entre le pharaon en quête d'immortalité par l'embaumement et le milliardaire de la tech du XXIe siècle espérant redéfinir la biologie humaine grâce au génie génétique ou aux technologies de prolongation de la vie. Tous deux poursuivent leur propre version de la pierre philosophale : ce désir ancestral de transcender la nature plutôt que d'en faire partie.
L'insertion saisissante de cercles noirs numériques parfaits au sein des paysages de Vern interroge davantage encore notre rapport au monde naturel. Leur géométrie est absolue. Leurs surfaces absorbent la lumière au lieu de la réfléchir. Leur perfection mathématique signale immédiatement qu'ils n'appartiennent pas au paysage organique qui les entoure. Ils apparaissent comme des interruptions, des absences ou des portails — des objets issus d'un autre ordre de réalité. Pourtant, peut-être ne s'agit-il pas du tout d'intrusions étrangères. Peut-être représentent-ils les cadres conceptuels à travers lesquels nous tenons absolument à percevoir la nature elle-même : des systèmes de mesure, de propriété, de contrôle et d'abstraction imposés à un environnement qui résiste à de telles certitudes.
En fin de compte, l'œuvre de Vern pose la question de savoir si le plus grand acte d'aliénation ne se situe pas entre nous et le paysage, mais en nous-mêmes.

Dans leur ensemble, Annett, Fourgeaud, Lived et Vern interrogent chacun la manière dont le sens attaché au corps humain se construit à travers la mémoire, l'archétype et le rituel, utilisant des langages visuels distincts pour mettre en lumière l'instabilité de la perception. Qu'il s'agisse de références historiques superposées, de la transformation de matériaux du quotidien ou de la distorsion de souvenirs vécus, leurs pratiques convergent pour révéler comment les images médiatisent la pensée et l'identité par le biais de la figuration. Ce faisant, ils déplacent collectivement le regard de l'art contemporain vers les cadres invisibles qui façonnent notre compréhension du monde.