The Language of the Birds
Le langage des oiseaux
(The Whispers of Banquets - Les murmures des banquets)

Gilles FROMONTEIL
Andrea HORNBUCKLE

04 Septembre - 04 Octobre 2026

Ci-dessus : Galerie : Fromonteil & Hornbuckle

FROMONTEIL
www.gilles-fromonteil.fr

Gilles Fromonteil est un artiste de l'histoire, il la triture pour en extraire une nouvelle.
Triturer  l'histoire et la terre, dans le registre des arts décoratifs, en les détournant, dans une figuration fantasmagorique, avec un degré subtil de  subversion dans la dénonciation des dérives des élites passées et présentes, caractérise le travail de cet artiste de la céramique.
Par dérision des fastes aristocratiques et bourgeois passés qui voulaient que les tables soient richement dressées de vaisselles les plus fines et des plus ornées, Gilles Fromonteil parle ainsi du destin tragique des Révolutions.

Christian Garcelon, Directeur Biennale de Saint Flour

Comment ne pas ressentir un vif plaisir aux compositions héroïques de Gilles Fromonteil, fabriquées à partir de figurines populaires, et renvoyant à de grands moments de l’histoire napoléonienne, aux tumultes révolutionnaires.
Cet usage de la culture populaire […], « rechargée » par une vision contemporaine, teinté d’humour sinon de gentil sarcasme, est du genre jubilatoire.

Paul Hervé Parsy, administrateur du château d’Oiron (2001-2015)

Gilles Fromonteil is an artist who works with history, manipulating it to extract a new narrative. Through compositions richly adorned with the finest and most ornate tableware, Gilles Fromonteil speaks to the tragic destiny of revolutions.

Christian Garcelon, Director of the Saint-Flour Biennale

How can one fail to take great delight in Gilles Fromonteil’s heroic compositions—crafted from popular figurines and evoking key moments of Napoleonic history and the tumult of the Revolution? This use of popular culture […], "recharged" by a contemporary vision and tinged with humor—if not gentle sarcasm—is truly exhilarating.

Paul Hervé Parsy, Administrator of the Château d'Oiron (2001–2015) 

HORNBUCKLE
https://ateliernumero18.com/collections/ceramics

Hornbuckle
”I create ceramics intuitively with a deep appreciation for the slow rhythms of everyday life. I believe that beauty is found in what takes time to unfold, and I embrace texture, imperfection, and the unique character of handmade objects.

My inspiration comes from the simplicity and the nature of my surroundings and hope that each piece brings a sense of calm and meaning to daily rituals, transforming ordinary moments into something more intentional. Every object invites us to slow down and be present.

Other works: I also work with drypoint and oil, producing monochrome prints characterised by a pared-back palette and a strong sense of spatial composition. My work distils familiar forms into quiet, contemplative studies that sit between abstraction and observation.”

Hornbuckle
”Je crée des céramiques de manière intuitive, portée par une profonde appréciation des rythmes lents du quotidien. Je crois que la beauté réside dans ce qui prend le temps de se révéler ; j'aime la texture, l'imperfection et le caractère unique des objets façonnés à la main.

Je puise mon inspiration dans la simplicité et la nature de mon environnement. J'espère que chaque pièce apportera calme et sens aux rituels du quotidien, transformant des instants ordinaires en moments empreints d'intention. Chaque objet nous invite à ralentir et à être pleinement présents.

Autres créations : je pratique également la pointe sèche et la peinture à l'huile, réalisant des œuvres monochromes. Mon travail se distingue par une palette épurée et un sens marqué de la composition spatiale ; il distille des formes familières pour en faire des études empreintes de calme et de contemplation, à la croisée de l'abstraction et de l'observation.”

Horbuckle - Atelier

Le Langage des Oiseaux

Imaginez le langage des oiseaux comme un langage par lequel la nature elle-même s'adresse à toute chose et la traverse. 

La quatrième exposition de notre programme d'été nous ramène directement à la terre, à l'argile dont toute chose naît. Elle fait écho aux œuvres de Fairchild et Hine, dont la pratique artistique repose sur une interaction directe avec le sol. « Le langage des oiseaux » réintègre cette « terre » au « rituel » du repas : la moisson, la fête, le partage.
Deux installations en céramique des artistes Fromonteil et Hornbuckle illustrent la richesse et la beauté de ce matériau. Tous deux explorent souvent le thème de la céramique comme objet de table, mais repoussent les limites des conventions du service de table.
Les multiples en porcelaine de Fromonteil, réalisés par coulage, font référence aux terrines à soupe et de banquet, souvent d'une richesse baroque stupéfiante, que l'on trouvait dans les salles à manger de l'aristocratie (d'hier et d'aujourd'hui), mais décorées et même personnifiées en animaux de chasse ou en figures politiques tristement célèbres. De Staline à Thatcher, de Marx à Merkel, en passant par les cerfs et les chevaux. Ses installations évoquent à la fois des champs de bataille et des festins romains, avec des bustes et des statues grecques transposés dans le temps. Mais en laissant transparaître la fabrication, les aspérités et les jointures de la porcelaine exquise, telles des armées de vases animés et extravagants, il parodie les inégalités sociales. Il révèle ainsi la dimension fonctionnelle et technique, et la trace du travail manuel qui les a créées. L'utilisation généreuse de l'or et des surfaces peintes, parfois criardes, renforce le caractère sauvage et indompté de l'œuvre.

Hornbuckle souhaite également laisser visible la manipulation de l'argile dans l'objet final. Ayant abandonné son tour électrique, elle façonne à la main, utilisant diverses argiles, ce qui permet de conserver l'empreinte du corps (le sien) et de révéler la douceur des pièces précuites, chacune étant unique grâce à cette intervention corporelle. Elle utilise du grès naturel de Saint-Amand-en-Puisaye, du crayon d'oxyde de cobalt et un engobe blanc à base de kaolin. À l'instar de Fromonteil, son travail défie les conventions de la production de masse de pièces identiques – toutes d'une perfection égale, sans trace de main humaine, sans erreur, sans différence.

Ses pièces douces et naturelles, aux couleurs feutrées et aux motifs et images délicatement dessinés à la main, sont d'une beauté incroyable, empreintes d'une sérénité absolue. Calmes, réfléchies, d'une apparente discrétion, elles n'en sont pas moins profondément subversives. Comme chez Fromonteil, la fonctionnalité des pièces est supplantée par la substance de l'argile et le concept même de la forme. Les fourchettes et les verres à vin en céramique, d'une singularité absolue, sont potentiellement peu pratiques dans les foyers modernes, rythmés par les lave-vaisselle et la routine. Ils possèdent une qualité féerique – là encore, comme chez Fromonteil – qui les inscrit dans notre époque stylistique, faisant d'eux des objets intemporels, magiques et rituels. Notre imagination est invitée à s'engager, non pas dans l'esthétique ou le style, mais dans la création de récits d'un autre monde. Tels le langage des oiseaux – les archanges, les Elohim –, ils tissent des histoires à partir d'argile. Les œuvres sont exposées sur deux étages, chacun proposant un service de restauration particulier.

Dans la mythologie abrahamique et européenne, la littérature médiévale et l'occultisme, le langage des oiseaux est décrit comme un langage mystique et divin parfait, antithèse de la Tour de Babel, source de divisions. Il possède des variantes adamiques, énochiennes et soufies et souligne une aspiration à des langues magiques et universelles, des formes archétypales
Au Moyen Âge en France, le langage des oiseaux était une langue secrète utilisée par les bardes, les ménestrels et les troubadours. Lié au Tarot et au « théâtre de la mémoire », il leur servait à s'orienter dans la vie de cour. Il recèle également un aspect symbolique et ludique, ainsi qu'une dimension idéalisée, voire mythique.
Ce code mytho-poétique, qui circulait et se murmurait dans les grandes salles de banquet d'Europe, fut adopté plus tard par les alchimistes et les visionnaires au fil des siècles. Bourges est le centre français de l'alchimie, berceau de Nicolas Flamel et des moines franciscains (qui ont également construit la chapelle Saint-Laurent à Montmorillon). Ils exercèrent une influence considérable au XIIe siècle dans la région aujourd'hui appelée Vienne.

L'invitation à dîner concrétise le concept de la troisième et précédente exposition, « RitualIcon », qui explore le thème du rituel dans les pratiques artistiques figuratives contemporaines, ainsi que les rituels associés à différents médiums : photographie, dessin, peinture, performance, rapport à la terre et collage.’‘The Language of the Birds* identifie et présente une pratique rituelle unique — celle du repas partagé, rite d'hospitalité et de vitalité commun à toutes les cultures et à toutes les époques — tout en explorant les objets rituels ainsi que les réflexions entourant l'alimentation et la communauté. Au-delà de la pratique archétypale consistant à manger dans des récipients en céramique — consommer littéralement, dans des contenants issus de la terre, les fruits de cette même terre pour nourrir notre quotidien —, l'ouvrage ouvre le dialogue sur les mondes que nous souhaitons bâtir pour l'avenir, tant sur le plan esthétique et social que politique : du paysan à l'empoisonneur, l'alimentation est une question de pouvoir et de politique.

Fromonteil - Atelier

Le Langage des Oiseaux

Think of the language of the birds as a language by which nature itself speaks to and through all things.

The fourth exhibition of our summer programme takes us back directly to earth - to the clay from which everything grows. It echoes the works of Fairchild and Hine, who's practice is a direct interaction on and with the land. The Language of the Birds brings this 'land' back into the 'ritual' of dining and eating - the harvest, the celebration, the community.
Two ceramic installations by artists Fromonteil and Hornbuckle demonstrate the use and beauty of the medium. Both often work around the theme of ceramic as dining object, but both push the limits of the 'dinner set' conventions.

Fromonteil’s, slip cast, porcelain multiples reference the often staggeringly baroque soup and banquet terrines found in the dining halls of the aristocracy (past and present), but decorated and even personified as hunting animals or infamous political leaders. From Stalin to Thatcher, Marx to Merkel, to stags and horses. His installations equally appear as battled fields or roman feasts with Greek busts and statues bought into the present day. But his allowance of the exposure of the fabrication, the rough edges and joins through the exquisite porcelain as armies of vessels, animated and extravagant, parodies social inequalities. In the revealing the functional, technical and evidence of the hand of the labour which creates them. The free application of gold and painted surfaces can be lurid and adds to the wildness and untamed feel of the work.

Hornbuckle too wants to leave visible the manipulation of the clay in the final object - having thrown away her electric wheel, she hand-builds, using a variety of clays, allowing the impression of the body (her body) to be retained and showing the softness of the pre-fired pieces, each piece different through somatic intervention. She uses natural stoneware clay from Saint-Amand-en-Puisaye., cobalt oxide pencil and a white engobe made of kaolin.
Like Fromonteil, her work defies the convention of the mass production of identical pieces - all equally perfect, with no human hand evident, no error, no difference.
Her gentle, earthy pieces, with muted colours and soft hand drawn patterns and images are incredibly beautiful - with an aura gentleness. They are quiet, thoughtful, seemingly unintrusive, yet deeply subversive, like Fromonteil the functionality of the pieces is overruled by the substance of the clay and the concept of the form. The ceramic forks and wine goblets impossibly individual, and potentially impractical in the modern home of dishwashers and regularity. They have a fairy tale quality - again like Fromonteil - which takes them our stylistic epoch, making the timeless, magical, ritual objects - allowing our imagination to engage, not with the aesthetic or the style, but in the creation of otherworldly narratives. Like the Language of the Birds - the archangelic, the Elohim, they build stories out of clay. The works are displayed over two floors each with a very particular dining service presented to visitors on each.

In Abrahamic and European mythology, medieval literature and occultism, the language of the birds is described as a perfect mystical, divine language, - the anti-thesis to the divisive Tower of Babel, it has Adamic, Enochian and Sufi variants and highlights a yearning for magical, universal languages – archetypal forms.
In medieval France, the language of the birds was a secret language used by the Bards, Minstrels and Troubadours, connected with the Tarot and ‘theatre of the memory’, and used as part of their navigation through courtly life. It additionally has an aspect which is allegedly based on puns and symbolism as well as being an idealised, or mythical language.
It is a mytho-poetic code which was circulated and used it was whispered about in the great banqueting halls of Europe and later adopted by the alchemists and visionaries throughout the centuries. Bourges is the French centre of alchemy - the home of Nicholas Flamel and of the Franciscan monks, (who also built the chapel de St Laurent in Montmorillon) and were of huge influence in the 12 century in the region now called the Vienne.

The invitation to dine, concretises the concept of the third and previous exhibition 'RitualIcon' which looks at the theme of ritual in contemporary, figurative arts practice, as well as the rituals associated with differing media - photography, drawing, painting, performance, relationship to the land and collage. 
The Language of the Birds identifies and presents a single ritual practice, the ritual of eating together, a ritual of hospitality and vitality for all cultures at all times and begins to examine the ritual objects and thinking around food and community. As well as the archetypal practice of eating from ceramic objects - literally eating what is grown in the earth, from vessels of the earth, to sustain our daily quotidian – it opens up conversations about the worlds we wish to create for our future, aesthetically, socially and politically, from peasant to poisoner, food is power and politics!